La convention collective de la publicité (IDCC 86) régit depuis 1955 les relations de travail créatives.
- Champ d’application : agences de communication, régies publicitaires et studios graphiques avec distinction entre employés, techniciens et cadres selon leurs responsabilités créatives
- Période d’essai : de 2 mois non renouvelables pour les employés à 3 mois renouvelables pour les cadres, avec délais de prévenance progressifs
- Salaires 2025 : minimums de 1 842 € à 4 142 € selon catégorie et niveau, complétés par une prime d’ancienneté de 3% à 15%
- Congés et protection : événements familiaux généreux, indemnités maladie jusqu’à 80% du salaire et licenciement dès 2 ans d’ancienneté
La convention collective de la publicité encadre depuis 1955 les relations de travail dans un secteur créatif par excellence. Signée le 22 avril 1955 et identifiée par l’IDCC 86 (brochure 3073), cette convention s’applique aux entreprises dont l’activité principale relève des codes NAF 7311Z et 7312Z. Comprendre ses subtilités devient indispensable quand on navigue dans l’univers des agences, régies publicitaires et structures assimilées.
Qui est concerné par cette convention collective
La convention collective nationale de la publicité couvre un périmètre précis mais étendu. Elle s’applique aux employeurs, cadres, techniciens, agents de maîtrise et employés des entreprises de publicité, géographiquement sur le territoire français et dans les DOM.
Les entreprises concernées exercent principalement des activités de publicité : agences de communication, régies publicitaires, studios graphiques et structures assimilées. Cette classification n’est pas anodine car elle détermine l’application des règles spécifiques du secteur, notamment en matière de créativité et de gestion de projets clients.
Dans ce milieu où chaque pixel compte et où les deadlines rythment le quotidien, la convention reconnaît la spécificité du travail créatif. Elle établit une distinction claire entre les différentes catégories : employés, techniciens/agents de maîtrise et cadres, chacune bénéficiant de dispositions adaptées à leur niveau de responsabilité.
Périodes d’essai et temps de travail dans la publicité
Les durées de période d’essai varient selon les responsabilités : 2 mois pour les employés sans renouvellement possible, 2 mois renouvelables pour les techniciens et agents de maîtrise, 3 mois renouvelables pour les cadres. Ces durées reflètent la complexité croissante des missions et le temps nécessaire pour évaluer les compétences créatives et techniques.
En cas de rupture, des délais de prévenance s’appliquent selon la durée de présence, allant de 24 heures pour moins de 8 jours à 1 mois après 3 mois pour les cadres et techniciens. Cette progressivité protège les deux parties tout en tenant compte de l’investissement temporel dans l’intégration.
Concernant le temps de travail, bien que la convention fasse référence à 39 heures, les dispositions légales actuelles de 35 heures s’appliquent. Les heures supplémentaires suivent la majoration légale : 25% de la 36e à la 43e heure, 50% au-delà. Le travail de nuit (21h-6h) bénéficie d’une majoration de 100% si ces heures dépassent la durée légale hebdomadaire.

Grilles de salaires et primes d’ancienneté 2025
Les salaires minimums mensuels bruts pour 2025 s’organisent par catégorie et niveau, avec une progression logique reflétant l’évolution des compétences dans le secteur créatif.
| Catégorie | Niveau 1 | Niveau 2 | Niveau 3 | Niveau 4 |
|---|---|---|---|---|
| Employés | 1 842 € (6 mois max) | 1 858 € | 1 876 € | 1 957 € |
| Techniciens/AM | 1 999 € | 2 058 € | 2 124 € | 2 252 € |
| Cadres | 2 448 € (1 an max) | 2 684 € | 3 164 € | 4 142 € |
Le SMIC mensuel brut étant de 1 801,80 € depuis le 1er novembre 2024, ce dernier s’applique lorsque le minimum conventionnel lui est inférieur. Cette hiérarchisation salariale reconnaît l’expertise technique et créative nécessaire dans les métiers de la communication.
La prime d’ancienneté récompense la fidélité des employés, techniciens et agents de maîtrise à partir de 3 ans d’ancienneté. Elle progresse de 3% à 15% du salaire minimum conventionnel, atteignant son maximum après 15 ans. Cette progression encourage la rétention des talents dans un secteur où l’expérience nourrit la créativité.
Congés, indemnités et protection sociale
Les congés payés suivent le régime légal de 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours après une année complète. La période légale s’étend du 1er mai au 31 octobre, mais la convention autorise le fractionnement et la prise de congés en dehors de cette période après accord.
Les congés pour événements familiaux sont particulièrement généreux : une semaine pour le mariage du salarié, 3 à 4 jours pour une naissance selon le rang de l’enfant, une semaine en cas de décès du conjoint ou d’un enfant. Cette approche humaine reconnaît l’importance de l’équilibre vie privée-professionnelle dans les métiers créatifs.
En matière de protection maladie, les salariés bénéficient d’indemnités complémentaires pour atteindre 80% du salaire réel selon l’ancienneté, allant d’1 mois à 80% puis 1 mois à 70% après un an d’ancienneté, jusqu’à 5 mois à 80% puis 4 mois à 70% après 7 ans. Pour les accidents du travail, l’indemnité atteint 100% du salaire pendant 3 à 6 mois selon l’ancienneté.
Les indemnités de licenciement démarrent à 2 ans d’ancienneté avec 33% de mois par année complète jusqu’à 15 ans, puis 40% au-delà. Les indemnités de retraite varient entre non-cadres (1/4 de mois par année) et cadres (1/4 puis 1/3 après 10 ans), majorées d’une prime de fidélité progressive de 5% à 20% selon l’ancienneté.
