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Différence entre UX et UI : explication simple avec exemples

Fred Desurmont


UX et UI reviennent partout dès qu’on parle de site web, d’application ou de produit digital, mais les frontières restent floues pour beaucoup. Certains pensent que l’UX, c’est juste « mettre l’utilisateur au centre », d’autres réduisent l’UI au simple « joli graphisme ». Résultat : des projets où tout le monde mélange parcours, maquettes, ergonomie et interface utilisateur, et où personne ne sait vraiment qui fait quoi. Pourtant, la différence entre UX et UI tient en une explication simple : l’UX conçoit le parcours et la logique, l’UI dessine ce que l’on voit et avec quoi on clique.

Dans le quotidien d’une PME, cette confusion coûte cher : refonte bancale, tunnel d’achat mal pensé, design séduisant mais inutilisable, ou inversement. Comprendre ce qui relève de l’expérience utilisateur et ce qui relève de l’interface utilisateur permet de mieux briefer son agence, de choisir les bons profils, et surtout d’éviter de payer pour du « design » qui ne sert pas ton business. Avec quelques exemples concrets, une analogie parlante (le restaurant), un tableau comparatif et des cas vécus côté B2B, la frontière entre UX et UI devient enfin claire. Et une fois cette frontière posée, il devient bien plus simple d’aligner ton site, ton produit ou ton app sur ce que tes utilisateurs attendent vraiment.

En bref

  • L’UX (expérience utilisateur) définit le parcours global, la logique, les étapes clés et la résolution de problèmes.
  • L’UI (interface utilisateur) s’occupe des éléments visuels et interactifs : boutons, couleurs, typographies, mises en page.
  • Une bonne UX sans bonne UI donne un produit efficace mais peu engageant, l’inverse donne un « beau » produit frustrant à utiliser.
  • UX et UI reposent sur des métiers différents, avec des outils, livrables et indicateurs propres, mais doivent travailler ensemble dès le début.
  • Mieux distinguer UX/UI aide à choisir les bons prestataires, cadrer tes projets digitaux et améliorer concrètement conversions, fidélisation et image de marque.

UX vs UI : explication simple et analogies pour enfin faire la différence

Pour saisir la différence entre UX et UI, rien de mieux qu’une scène du quotidien. Imagine un restaurant. L’UX, c’est tout ce que tu vis de bout en bout : réserver facilement, être bien accueilli, comprendre la carte, recevoir ton plat au bon moment, payer sans galérer, repartir satisfait. L’UI, c’est ce que tu vois et touches : la déco, la lisibilité du menu, la forme des assiettes, l’éclairage, la signalétique vers les toilettes.

Un resto peut avoir une cuisine incroyable mais une salle glauque et mal indiquée. Expérience globale correcte, mais présentation ratée : bonne UX, mauvaise UI. À l’inverse, certains lieux « instagrammables » soignent chaque détail visuel mais servent des plats moyens avec un service lent. Belle interface, mauvais parcours : c’est l’UI qui brille pendant que l’UX coince.

Sur un site ou une application, c’est la même chose. L’UX (User Experience) répond à des questions comme : « Qui utilise ce produit ? Pour faire quoi ? En combien d’étapes ? Où ça bloque ? ». Elle travaille la structure, les parcours, l’ergonomie, le contenu prioritaire. L’UI (User Interface), elle, répond à : « À quoi ressemblent les écrans ? Comment les éléments se comportent au survol ? Quel contraste entre le texte et le fond ? Quelles icônes et quel graphisme pour raconter la marque ? ».

Pour ancrer cette explication simple, prends un cas très concret : une app de livraison de repas. Si tu trouves ton restaurant favori en trois secondes, que tu personnalises ton plat facilement, que tu vois le prix total sans surprise et que tu suis la livraison en temps réel, tu profites d’une bonne UX. Si les boutons d’ajout au panier sont bien visibles, si la typographie reste lisible sur mobile, si le code couleur te guide sans réfléchir, tu profites d’une bonne UI. Le jour où tu dois chercher dix minutes comment ajouter un supplément fromage, tu sens tout de suite que le design a raté quelque chose, même sans savoir mettre le mot « UX » dessus.

Un point souvent mal compris : l’UX ne se limite pas au numérique. Le retrait d’une commande en magasin, le mail de confirmation ou le support client font partie du voyage. L’UI, elle, reste liée à ce qui se passe sur l’écran ou sur un support visuel : interface d’un terminal de paiement, écran de borne, mise en page d’un mail transactionnel. Confondre les deux revient à demander à un décorateur d’intérieur de repenser entièrement l’organisation d’un appartement, du plan des pièces à la plomberie.

Dernier repère : l’UX cherche à rendre le produit utile, utilisable et satisfaisant. L’UI cherche à rendre tout ça clair, cohérent et agréable à l’œil. Quand tu brieves une équipe ou une agence, pose-toi la question : « Est-ce que je parle de parcours, d’étapes, de problèmes utilisateurs (UX), ou plutôt de couleurs, de graphisme, de maquettes (UI) ? ». Cette simple distinction évite déjà bien des malentendus.

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Qu’est-ce que l’UX design : parcours, ergonomie et résolution de problèmes

L’UX design, c’est la partie du travail qui précède souvent le moindre pixel dessiné. On parle de compréhension des utilisateurs, de leurs contextes, de leurs contraintes, puis de construction d’un parcours qui colle à leurs besoins. Si on reprend un personnage fictif, appelle-le Samir, directeur commercial d’une PME B2B : son équipe se plaint que le formulaire de demande de devis du site décourage les prospects. Pour régler ça, l’UX va se concentrer sur la manière dont ces personnes découvrent le formulaire, ce qu’elles comprennent à chaque étape, combien de champs elles sont prêtes à remplir et à quel moment elles abandonnent.

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La première brique de l’UX reste la recherche utilisateur. Entretiens, questionnaires, analyse des données analytics, observation de sessions : l’idée est de mettre au jour les vrais freins. Un chiffre qu’on voit revenir souvent dans les études sectorielles : une majorité d’utilisateurs quitte un site lorsqu’il ne trouve pas rapidement ce qu’il cherche. Dans le cas de Samir, l’analyse révèle par exemple que le formulaire ne fonctionne pas bien sur mobile, que le champ « budget » rebute et que la demande de téléphone obligatoire bloque certains prospects.

À partir de ces informations, l’UX designer formalise des personas et des parcours. On ne parle pas de caricatures, mais de profils utiles : « Claire, responsable marketing qui cherche un devis rapide sans passer par le téléphone », « Julien, artisan peu à l’aise avec les formulaires longs ». Pour chaque persona, le parcours est détaillé : origine du trafic, pages consultées, actions tentées, points de friction.

Vient ensuite l’architecture de l’information. C’est l’organisation logique de l’arborescence, des menus, des catégories, des blocs sur une page. Pour un site bancaire, par exemple, regrouper toutes les actions liées à « gérer mon compte » au même endroit réduit le temps passé à chercher. Pour un e-commerce, clarifier la hiérarchie entre catégories, filtres et tri évite au visiteur de se perdre. Sur un plan très concret, l’UX designer peut décider de supprimer un niveau de menu, de renommer des rubriques ou de faire remonter un bloc clé plus haut dans la page.

Une fois la structure fixée, place aux wireframes. Ce sont des maquettes basse fidélité, souvent en noir et blanc, qui représentent le squelette de chaque écran : position des boutons, zones de contenus, champs de formulaire, messages d’erreur. L’objectif n’est pas de faire joli, mais de décider ce qui est prioritaire et comment l’utilisateur circule. Sur le projet de Samir, le wireframe du formulaire prévoit par exemple un découpage en étapes claires, une indication de progression et un message de rassurance sur l’utilisation des données.

Tout ce travail serait théorique sans les tests d’utilisabilité. Pendant ces sessions, de vrais utilisateurs effectuent des tâches pendant qu’on observe leurs réactions : « trouve la page tarifs », « demande un devis », « crée ton compte ». On chronomètre, on note les erreurs, on relève les blocages. Si 30 % des personnes abandonnent au moment où on demande un numéro de téléphone, ce n’est plus une opinion, c’est un signal. Dans beaucoup de projets, quelques ajustements UX sur un tunnel de commande suffisent à faire baisser nettement l’abandon de panier.

Pour mesurer l’impact de l’UX, on suit des indicateurs pragmatiques : taux de réussite d’une tâche, temps moyen pour la réaliser, taux d’erreur, satisfaction perçue. Les gains sont rarement « magiques », mais s’additionnent. Une réduction de quelques secondes ici, une suppression de champ là, un message d’aide plus explicite ailleurs finissent par changer le ressenti global. C’est ce qui fait la force de l’UX : une somme de petits choix structurés pour résoudre des problèmes concrets.

Si tu veux creuser des aspects très précis comme la lisibilité des polices ou la différence serif / sans serif, des ressources comme ce décryptage sur la lisibilité des polices aident à connecter typographie et expérience utilisateur. L’UX n’est pas un concept abstrait : c’est de l’ingénierie de parcours, qui se juge à la capacité des gens à atteindre leur but sans s’arracher les cheveux.

Qu’est-ce que l’UI design : interface, graphisme, interactions et design system

Une fois le squelette UX posé, l’UI design entre en scène. On passe des boîtes grises aux écrans qui ressemblent à un vrai produit. Là, on parle couleurs, typographies, iconographie, densité d’informations, micro-interactions. L’interface utilisateur devient le terrain de jeu du designer UI, qui doit transformer une structure fonctionnelle en expérience visuelle claire, cohérente et fidèle à la marque.

Reprenons Samir et son formulaire de demande de devis. Le wireframe UX prévoit peut-être trois étapes, un indicateur de progression et un bloc de réassurance. L’UI va décider si ce compteur est affiché sous forme de pastilles numérotées, de barre de progression ou de check-list. Elle va choisir les couleurs qui distinguent les étapes validées des étapes à venir, la taille des libellés, le style des messages d’erreur. Un bon choix de palette et de typographie peut suffire à rendre un formulaire beaucoup moins intimidant.

Un des outils clés de l’UI reste le Design System. C’est une bibliothèque de composants et de règles qui garantit la cohérence graphique d’un produit : boutons, champs, cartes, alertes, modales, mais aussi styles de textes, grilles, espacements, comportements au survol. Pour une entreprise B2B qui fait évoluer ses interfaces au fil du temps, disposer d’un Design System évite que chaque nouvelle fonctionnalité arrive avec son propre look. Les développeurs piochent dans les mêmes composants, ce qui accélère la production et limite les écarts.

La charte graphique est un autre socle : choix des couleurs principales et secondaires, règles de contraste, styles de titres et de paragraphes, types d’icônes. Sur une application bancaire, par exemple, une dominante de bleu et de gris sobres, associée à une iconographie simple, renvoie à la sécurité. Sur une plateforme créative, des accents de couleur plus vifs et une typographie plus expressive peuvent être pertinents. Là encore, ces choix ne sont pas que décoratifs, ils influencent la confiance, la lisibilité et le confort d’usage.

L’UI ne se limite pas aux écrans statiques. Les interactions et micro-animations comptent énormément dans le ressenti. Un bouton qui change légèrement de couleur au survol, un champ qui met en avant son contour quand on le sélectionne, une transition douce entre deux écrans : tout cela aide l’utilisateur à comprendre ce qui se passe. À l’inverse, une interface sans aucun feedback visuel laisse le doute : « est-ce que mon clic a fonctionné ? ».

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Sur mobile, la responsabilité de l’UI est encore plus forte. Les zones de clic doivent être suffisamment grandes pour le pouce, les contrastes adaptés à une lecture en plein soleil, les espacements pensés pour éviter les erreurs de tap. Une interface « desktop » simplement réduite sur smartphone passe à côté de ces enjeux et se traduit en frustration instantanée.

Texte, couleur, niveau de contraste influencent directement l’expérience. Pour approfondir ces aspects, un détour par des contenus comme cette analyse sur les polices lisibles à l’écran ou encore un guide sur les icônes libres comme cette ressource autour des bibliothèques d’icônes aide à faire des choix graphiques plus robustes. L’UI est souvent ce que tes utilisateurs remarquent en premier, mais elle ne fonctionne vraiment que lorsqu’elle prolonge un travail UX solide.

Dernier point : l’UI designer prépare aussi des livrables techniques destinés aux développeurs. Spécifications de tailles, d’espacements, d’états (normal, survolé, cliqué, désactivé), de vitesses d’animations. Plus ces éléments sont clairs, plus le rendu final se rapproche de la maquette. Une belle interface sur Figma ne sert à rien si elle est impossible à coder proprement, ou si elle rame sur un téléphone moyen de gamme.

Tableau comparatif UX vs UI et exemples concrets de projets bien ou mal conçus

Pour visualiser d’un coup d’œil la différence entre UX et UI, un tableau aide souvent plus qu’un long discours. On y voit les objectifs, les livrables, les questions traitées par chaque discipline. Ensuite, quelques exemples concrets montrent comment ces deux briques s’imbriquent dans la vraie vie d’un projet.

CritèreUX design (expérience utilisateur)UI design (interface utilisateur)
ObjectifRendre le produit utile, simple à utiliser, logiqueRendre l’interface claire, esthétique, cohérente
FocalisationParcours global, besoins, problèmes à résoudreÉcrans, éléments visuels, comportements à l’écran
Questions typiques« L’utilisateur atteint-il son but facilement ? »« L’utilisateur comprend-il où cliquer et quoi lire ? »
Livrables clésPersonas, parcours, architecture de l’info, wireframes, prototypesMaquettes haute fidélité, Design System, chartes graphiques
Nature du travailAnalytique, stratégique, orienté ergonomieVisuel, interactif, orienté graphisme et détail
IndicateursTaux de réussite des tâches, abandon, satisfactionLisibilité, cohérence graphique, perception de qualité

Premier exemple : une plateforme de formation en ligne pour des artisans. Toute l’équipe a mis l’accent sur l’UI, avec de grandes images, des couleurs chaleureuses, une identité forte. Sauf que les utilisateurs se perdent entre les modules, ne comprennent pas où reprendre leur cours et ne trouvent pas les supports à télécharger. L’analytics montre un taux de complétion famélique. Problème : presque tout le budget est parti dans la couche visible, alors que le cœur du besoin portait sur la structure et le suivi du parcours.

Deuxième cas, inverse : un outil interne de gestion de stocks. Conçu par une équipe très orientée UX, il propose un tunnel d’ajout de produits fluide, des filtres ultra pertinents, une architecture de l’information propre. Visuellement, en revanche, l’interface rappelle un logiciel des années 2000 : colonnes serrées, typographie minuscule, aucun repère visuel. Résultat surprenant : malgré une fonctionnalité solide, certains employés continuent de tenir un fichier Excel à côté, juste parce qu’ils « se sentent perdus » dans l’outil officiel.

On croise aussi des projets hybrides. Par exemple, un site de réservation de billets de train avec une UX plutôt efficace : on choisit une destination, des dates, on compare les options, on réserve. Sauf que la hiérarchie visuelle laisse à désirer : les tarifs les plus intéressants ne ressortent pas, le bouton de validation se confond avec d’autres actions secondaires. Beaucoup d’utilisateurs finissent par appeler le service client alors que, sur le papier, tout est faisable en ligne. C’est un signe clair qu’un travail d’UI doit venir soutenir une UX déjà correcte.

Ce type de diagnostic pose rapidement une question : comment choisir les bons outils et la bonne organisation pour piloter ces chantiers ? Des comparatifs comme ce guide sur les logiciels de gestion de projet peuvent aider à structurer la collaboration entre UX, UI, produit et développement, surtout sur des projets multi-écrans complexes.

En résumé, dès que tu entends « notre design est beau, mais les gens n’utilisent pas la fonctionnalité », ou au contraire « nos clients adorent le service mais trouvent que le site fait vieillot », tu es face à un déséquilibre UX/UI. La bonne nouvelle, c’est qu’en identifiant clairement de quel côté se situe le problème, tu sais beaucoup mieux où concentrer tes efforts.

Comment UX et UI travaillent ensemble dans un projet digital concret

Dans la pratique, l’UX et l’UI ne vivent pas dans deux silos séparés. Sur un projet réel, ces disciplines s’entrelacent. Reprenons une histoire simple : une petite marque de cosmétiques naturels souhaite lancer un e-commerce. L’objectif est clair : vendre en direct, tout en racontant la démarche artisanale et les ingrédients. Le dirigeant dit souvent « on veut un site au design canon », ce qui laisse penser qu’il parle surtout d’UI, alors que beaucoup d’angles relèvent d’abord de l’UX.

Phase 1, l’UX mène la danse. On commence par des entretiens avec quelques clientes fidèles, des analyses des chiffres de la boutique physique, des audits de sites concurrents. On découvre que la plupart des acheteuses veulent surtout comprendre rapidement si un produit est adapté à leur type de peau et comment l’utiliser. Beaucoup abandonnent dès que la composition semble floue.

À partir de là, l’UX design construit une architecture claire : catégories par type de besoin (peau sèche, peau sensible, anti-âge), fiches produits structurées avec toujours les mêmes blocs (bénéfices, composition, mode d’emploi, avis), et un tunnel de commande réduit à l’essentiel. Des wireframes matérialisent l’ensemble, avec une page d’accueil où dominent deux appels à l’action : découvrir les best-sellers ou faire un mini quiz pour trouver la bonne routine.

Phase 2, l’UI prend le relais. Le designer interface choisit une palette de couleurs inspirée des ingrédients (verts doux, beiges, touches de couleur pour les gammes), définit des typographies lisibles et sensibles, crée un système de pictogrammes pour indiquer rapidement « vegan », « made in France », « sans parfum ». Les boutons d’ajout au panier se distinguent clairement des autres actions. Sur mobile, tout est adapté pour éviter la fatigue visuelle.

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Phase 3, les deux métiers se retrouvent. Lors des tests utilisateurs, certaines personnes ne repèrent pas le bouton pour filtrer par type de peau. L’UX y voit un problème de hiérarchie, l’UI ajuste en renforçant le contraste, en replaçant le bouton, en ajoutant un libellé plus explicite. Autre exemple : l’UX souhaitait trois étapes dans le tunnel de commande, mais sur maquette UI, cela paraît trop fragmenté. On fusionne deux étapes tout en gardant les mêmes champs.

Pour que cette collaboration fonctionne, quelques principes simples font une vraie différence :

  • Travailler tôt ensemble : impliquer l’UI dès l’architecture évite de dessiner des parcours difficiles à mettre en forme visuellement.
  • Partager les insights utilisateurs : l’UI designer doit connaître les personas, pas seulement recevoir des wireframes.
  • S’accorder sur les composants : un Design System partagé sert de langage commun entre UX, UI et développeurs.
  • Tester rapidement : maquettes interactives et tests réguliers permettent de corriger des choix UX ou UI avant le développement.

Dans beaucoup d’agences, une même personne couvre les deux casquettes UX/UI, surtout sur de petits projets. Ce n’est pas un problème en soi, tant que la personne garde la discipline de traiter ces deux volets distinctement : d’abord les besoins et les parcours, ensuite la mise en forme. Ce qui pose problème, en revanche, c’est quand tout est absorbé par l’UI et que plus personne ne se soucie des parcours réels derrière une interface séduisante.

Un détail qui change la donne : la documentation. Un simple tableau récapitulatif des écrans, des parcours, des composants utilisés par page, combiné à un guide de styles UI partagé, suffit à éviter que l’expérience se délite avec le temps. À partir de là, chaque évolution future peut être pensée avec la double casquette UX / UI, ce qui protège ton produit de la dérive du « patch sur patch » illisible.

Impact UX/UI sur business, SEO et organisation : pourquoi tu ne peux plus les ignorer

Derrière la différence UX/UI, il y a surtout un enjeu : ton produit fonctionne-t-il vraiment pour ton public, et te rapporte-t-il ce que tu attends ? Les chiffres qui circulent dans les études spécialisées sont parlants. Les sites lents, confus ou mal structurés font fuir les utilisateurs en quelques secondes. À l’inverse, une expérience fluide et une interface claire améliorent les conversions, la rétention et même le référencement naturel.

Sur la partie business, quelques repères suffisent à se poser les bonnes questions. Un formulaire de contact trop chargé, un tunnel d’achat interminable, une page d’inscription peu rassurante : ces micro-détails UX se traduisent directement en ventes perdues. Côté UI, une interface datée ou brouillonne renvoie une image peu professionnelle, surtout dans des secteurs où la confiance compte, comme la banque, la santé ou le B2B industriel.

Le lien avec le SEO est souvent sous-estimé. Les signaux que les moteurs utilisent pour classer un site intègrent de plus en plus des critères proches de l’UX : temps de chargement, stabilité de la page, comportement des utilisateurs (rebond, temps passé). Une interface trop lourde graphiquement, des effets visuels encombrants ou des choix de police trop exotiques pèsent sur ces indicateurs. À l’inverse, un design pense aux performances, au responsive et à la clarté aide à rester dans les clous des bonnes pratiques techniques.

Dans l’organisation, la place de l’UX/UI a aussi évolué. Ces métiers ne sont plus de simples exécutants qu’on appelle en fin de chaîne pour « faire joli ». Ils s’installent en amont, au même niveau que le produit et le marketing. Les meilleurs résultats arrivent quand le trio product manager / UX / UI travaille ensemble dès la définition du problème. Le product manager porte la vision business, l’UX l’ancre dans la réalité des usages, l’UI la traduit dans une interface concrète.

Cette maturité se retrouve dans le recrutement. Les offres de « UX/UI designer » se multiplient, y compris dans des structures qui, hier encore, ne parlaient que de webdesign. Certains profils historiques, comme les webdesigners très graphiques, évoluent vers ces métiers en se formant à la recherche utilisateur, aux tests, à la conception de Design Systems. D’autres restent ciblés sur des supports print ou brand, et travaillent en binôme avec des spécialistes UX/UI sur la partie digitale.

Enfin, impossible de faire l’impasse sur l’outillage. Entre les solutions de prototypage, les générateurs d’images, les CRM, les plateformes de test, l’écosystème devient dense. Des comparatifs comme les analyses autour des générateurs d’images montrent bien à quel point le choix d’outils peut impacter le temps passé entre une idée et un écran testable. La clé reste la même : choisir ce qui sert le projet et les utilisateurs, pas ce qui est le plus à la mode.

En filigrane, une certitude se dessine : continuer à confondre UX et UI en 2026 revient à piloter un projet digital avec une vision floue. Discerner ce qui relève de l’expérience (parcours, ergonomie, usage) et ce qui relève de l’interface (graphisme, interactions, cohérence visuelle) te donne un levier concret pour faire progresser ton site, ton app ou ton outil interne, sans brûler ton budget dans de la décoration ou, à l’inverse, dans de grands chantiers invisibles pour tes utilisateurs.

En une phrase, quelle est la vraie différence entre UX et UI ?

L’UX conçoit le parcours et la logique pour que l’utilisateur atteigne son objectif facilement, l’UI dessine l’interface et les interactions qui rendent ce parcours visible, lisible et agréable à l’écran.

Peut-on avoir une bonne UX sans bonne UI (ou l’inverse) ?

Oui, et c’est d’ailleurs fréquent : un produit peut être logique et efficace mais visuellement daté ou confus (bonne UX, mauvaise UI), ou très beau mais frustrant à utiliser (bonne UI, mauvaise UX). Dans les deux cas, tu perds du potentiel, car l’utilisateur vit l’ensemble comme une seule expérience.

Qui dois-je recruter ou briefer pour améliorer mon site : UX, UI ou les deux ?

Si tes problèmes concernent surtout le parcours (tunnel de commande, formulaires, navigation), commence par l’UX. Si tes soucis portent plutôt sur le graphisme, la lisibilité ou l’image de marque, vise l’UI. Sur un projet stratégique ou une refonte globale, l’idéal reste de couvrir les deux, avec un duo ou un profil hybride UX/UI.

L’UX et l’UI ont-ils un impact sur le SEO ?

Indirectement oui. Une UX soignée améliore le comportement des utilisateurs (rebond, temps passé, conversions), et une UI attentive aux performances visuelles évite les pages lourdes et instables. Ces signaux sont pris en compte par les moteurs, qui favorisent les sites rapides, stables et réellement utiles.

Comment savoir si mon problème est plutôt UX ou UI sur mon site actuel ?

Observe d’abord les symptômes : si les gens ne trouvent pas où cliquer, abandonnent une action ou se perdent dans les menus, le souci vient souvent de l’UX. S’ils jugent ton site « vieux », « brouillon » ou « peu rassurant » alors qu’ils arrivent à l’utiliser, le problème penche côté UI. Un mini audit croisé (parcours + interface) te permettra de trancher plus finement.

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Fred Desurmont
Fred Desurmont est développeur‑designer et fondateur de l’agence Zig & Zag, où il marie exigence technique, identité visuelle soignée et UX accessible. Sur ce blog, il partage sans filtre ses retours de terrain, ses méthodes et ses avis tranchés pour t’aider à construire des expériences web qui servent vraiment ton projet.

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